Ateliers d’initiation à la recherche 2026-2027

Julie Pagis (chargée de recherche CNRS) ; Kevin Diter (MCF à l’Université de Lille) ; Abigail Bourguignon (post-doctorante), Holly Hargis (post-doctorante), Hélène Oehmichen (PRAG, Université de Tours), Anne-Cécile OTT (post-doctorante, CNRS-Deezer) et Alice Vernay-Eterno (doctorante à l’IRIS)

Après deux années d’interruption, le séminaire « Sciences sociales de l’enfance » reprend sous une forme nouvelle : celle d’un atelier de recherche collective. Il ne s’agira pas, comme les années précédentes, de lire, présenter et discuter des ouvrages (ou des articles) de sciences sociales de l’enfance relatifs à une thématique spécifique, mais de lancer une enquête collective, en lien avec la campagne présidentielle de 2027.

Les premières séances seront consacrées à la présentation du cadre théorique du séminaire : celui de la socialisation enfantine. Qu’entend-on par « sciences sociales de l’enfance » ? L’enjeu sera de décloisonner l’étude de l’enfance et de la socialisation, en partant du principe qu’un ensemble de travaux aux inscriptions disciplinaires variées (sociologie, anthropologie, histoire, science politique, mais aussi sociolinguistique et psychologie culturelle) contribuent à la constitution de véritables sciences sociales de l’enfance. Ce séminaire sera ainsi l’occasion d’envisager l’enfance comme une réalité historiquement et socialement différenciée, encadrée par des dynamiques institutionnelles, traversée par des enjeux d’éducation et de reproduction (de genre, de classe, de race et d’âge), et nécessitant la mise en oeuvre de méthodes d’enquêtes diversifiées et mobilisées de façon réflexive.

Au cours des séances suivantes, nous construirons collectivement tout au long de l’année une enquête autour des perceptions et des expériences enfantines de la campagne présidentielle de 2027. Chaque groupe d’étudiant·es choisira une question de recherche en lien avec l’objet de l’enquête collective et réfléchira, avec les encadrant·es, à la manière d’y répondre à partir d’une enquête qualitative – et possiblement quantitative.

Modalités d’évaluation : Chaque groupe rendra, pour la dernière séance, un compte-rendu de son enquête (20 pages maximum), présentant la problématique retenue, la méthodologie mise en œuvre, ainsi que les principaux résultats mis en perspective avec la littérature scientifique.

L’atelier se déroule les mardis de 9h30 à 12h30 sur le Campus Jourdan (48 bd Jourdan, 75014, Paris) du 10 novembre 2026 au 18 mai 2027.

Nombre de séances : 8

Dates des séances : 10/11 ; 24/11 ; 15/12 ; 19/01 ; 02/02 ; 09/03 ; 04/05 ; 18/05

Capacité totale: 18 étudiant·es

Contact par courriel : julie.pagis@cnrs.fr

Pour plus d’informations :
https://enseignements.ehess.fr/2026-2027/ue/428

Travail au domicile, travail du domicile

Brianne Dubois (AGPR au département de sciences sociales de l’ENS) et Jeanne Ganault (AGPR au département de sciences sociales de l’ENS)

Enseignantes :

– Brianne Dubois (brianne.dubois@ens.psl.eu)

– Jeanne Ganault (jeanne.ganault@ens.psl.eu)

24h – semestres 1 et 2

Filière Sciences socialesMaster Parcours pratique de l’interdisciplinarité en sciences sociales (PDI) – Atelier d’initiation à la recherche
Public concerné Étudiant·es (DSS, PDI, QESS…) intéressé·es par la sociologie du travail, de l’articulation des temps sociaux ou du genre, ou plus largement par la recherche qualitative ou quantitative en sciences sociales
Prérequis Aucun prérequis demandé(L’atelier ne formera néanmoins pas les étudiant·es à l’analyse quantitative)
Semestre Semestre 1 et 2 
Période Du mardi 29 septembre 2026 à juin 2027 
Jour et horaire Mardi de 10h à 12h
Durée des séances 2H
Durée globale  24 heures (10 séances + colloque)
Enseignant(s)  Brianne DuboisJeanne Ganault
Mail de contact  brianne.dubois@ens.psl.eujeanne.ganault@ens.psl.eu 
Modalités d’inscription Inscription par mail auprès des enseignantes 
Modalité(s) devalidation – Réalisation d’un travail d’enquête quantitative, qualitative ou enméthodes mixtes par groupe, présenté dans un colloque en juin 2027, co-organisé dans le cadre de l’atelier- Assiduité
Crédits ECTS  6 ECTS pour les M1 PDI / 9 ECTS pour les M2 PDI 
Salle de cours  Campus Jourdan – Salles variables 
Page web du cours  https://master-sciences-sociales.ens.psl.eu/ateliers-conseilles-pdi 

Descriptif : 

L’expansion récente du télétravail a conduit beaucoup de sociologues à s’interroger sur les conséquences de l’exercice d’activités professionnelles au sein de l’espace domestique sur l’articulation entre vie privée et vie professionnelle. Pour autant, l’imbrication des sphères privée et professionnelle au sein du domicile précède et dépasse cette expansion. D’une part, de nombreux métiers s’exercent – au moins partiellement– au domicile, en dehors du cadre du télétravail(agriculteur·ice, enseignant·e, professions libérales, créateur·ices de contenu, assistant·tes maternel·les…), dans des conditions matérielles et des contextes juridiques variés. D’autre part, le domicile nécessite un travail spécifique, “domestique”, (inégalement) réalisé en dehors, en parallèle ou à la place du travail rémunéré. De plus, un type de travail en entraîne un autre : l’exercice d’activités professionnelles au domicile engendre un accroissement des activités domestiques liées à une occupation intensive de l’espace, et une (ré)adapatation (potentiellement quotidienne) de l’espace ; tandis que l’organisation et l’entretien de l’espace domestique peuvent favoriser l’exercice des activités professionnelles.

Pour la deuxième année d’enquête, cet atelier propose d’interroger le domicile comme lieu et objet de travail, etinvite ainsi à étudier la porosité entre sphères professionnelles et domestiques sous un nouvel angle spatial, matériel et temporel. Le travail au domicile et du domicile revêt des réalités différentes qui reflètent des inégalités au sein des ménages (de genre) et entre les ménages (de classe, de race), qu’il s’agira de mettre au jour.

L’atelier vise à former les étudiant·es à deux éléments essentiels de la recherche : 1. la construction d’une rechercheempirique, de la formulation d’une question de recherche à la présentation des résultats ; 2. l’organisation scientifique, à travers la co-participation à l’organisation d’un colloque.

1. Tout au long de l’année et par groupe, il s’agira de choisir une question de recherche autour de la thématique générale du travail au domicile et du domicile, et d’y répondre à partir d’une enquête qualitative ou quantitative. Chaque groupe devraprésenter ses résultats dans le cadre d’une session dédiée dans un colloque qui se tiendra sur le campus Jourdan, mi-juin, sur le thème de l’atelier.

2. Les étudiant·es participeront à la sélection des communications pour les autres sessions du collloque. 

Calendrier :

Mardi 29 septembre 2026 de 10h à 12h

Séance 1 : Introduction 

Mardi 20 octobre 2026 de 10h à 12h

Séance 2 : Construction de l’objet de recherche commun (formation des groupes, choix de la méthode)

Mardi 10 novembre 2026 de 10h à 12h

Séance 3 : Séance préparatoire aux entretiens (population, grille d’entretien)

Mardi 1 décembre 2026 de 10h à 12h

Séance 4 : Séance préparatoire aux entretiens (grille d’entretien, prise de contact)

Mardi 15 décembre 2026 de 10h à 12h

Séance 5 : Séance préparatoire aux méthodes quantitatives (présentation de l’enquête Familles et employeurs)

Mardi 2janvier 2027 de 10h à 12h

Séance 6 : Organisation du colloque : construire et évaluer une proposition de communication 

Mardi 23 février 2027 de 10h à 12h

Séance 7 : Retours sur les propositions de communication

Mardi 16 mars 2027 de 10h à 12h

Séance 8 : Analyse des matériaux

Mardi 6 avril 2027 de 10h à 12h

Séance 9 : Analyse des matériaux

Mardi mai 2027 de 10h à 12h

Séance 10 : Comment préparer une communication

Mi-juin 

Colloque 

Enquêter sur la modernisation agricole d’après 1945 : acteurs, conflits, alternatives

animé par Christophe Bonneuil (directeur de recherche, CNRS / Centre de recherches historiques), Céline Pessis (MCF en socio-histoire, AgroParisTech-Université Paris-Saclay) et Léandre Mandard (doctorant, Sciences Po)

Cet enseignement est une invitation à participer au renouvellement des recherches historiques consacrées à la modernisation de l’agriculture française des années 1940 aux années 1990. Loin d’être un processus linéaire et consensuel, la transformation productiviste des campagnes fut le résultat de dynamiques conflictuelles, engageant une recomposition profonde des rapports sociaux, des savoirs, des formes de vie et des milieux. En croisant histoire sociale, histoire environnementale et histoire rurale, le cours propose d’enquêter à la fois sur les acteurs et dispositifs de la modernisation (État, industries, syndicats, ingénieurs, agriculteur.ices dans leur diversité), mais aussi sur son envers (formes de sélection, de violence et d’exclusion, savoirs marginalisés, critiques et alternatives).

Atelier d’initiation à la recherche en archives, il guidera les étudiant·es dans la construction et l’exploitation de sources de première main (archives publiques et privées, fonds professionnels, sources audiovisuelles, entretiens), en vue de produire une recherche originale à partir d’un cas d’étude précis.

Après une journée de visite des Archives (fin oct.) et découverte de premiers documents (AN Pierrefitte) et quelques séances introductives, les étudiant·es s’organiseront en binômes qui choisiront – en lien avec les encadrant.e.s proposant une liste non-exhaustive de sujets – leur terrain et leur question de recherche. L’atelier formera les participant·es aux différentes étapes de l’enquête : construire son objet d’étude et ses questions en synergie avec les recherches des autres binômes, construire son enquête, tisser des aller-retours entre trouvailles d’archives et historiographie, analyser et critiquer ses sources, construire un récit (article) et le partager (échanges en groupe, communication).

La présence à la première journée aux archives (29 oct. 9h-17h), à la journée d’étude finale (début juin) et l’assiduité à l’ensemble des séances sont requise, ainsi qu’un travail personnel de recherche en binômes et une contribution constructive à l’avancée des autres binômes par la discussion de leurs travaux. L’évaluation portera pour 1/3 sur la participation active des participant-es au collectif de recherche (rendus ou présentations de l’état d’avancement des binômes et leur discussion collective) et pour 2/3 sur la communication finale le rapport de recherche final de format article (complété d’annexes). Les textes pourront donner lieu à publication suite au colloque.

L’atelier est ouvert à tous les étudiant·es de l’EHESS et de l’ENS, M1 et M2, ainsi qu’à des doctorants qui le souhaiteraient. Une expérience préalable d’enquête en archives historiques n’est pas nécessaire, mais un bagage en sciences sociales et/ou un projet de recherche proche du thème de l’atelier sont recommandés. Pour pouvoir mener l’enquête collective dans les meilleures conditions, l’atelier est limité à 12 places et nécessite une inscription préalable. Pour s’inscrire, prendre contact avec un enseignant (cbonneuil@gmail.com) avant le 10 octobre en précisant votre sujet de mémoire de Master et votre motivation pour l’atelier (réponse sera donnée avant le 20 octobre).

54 bd Raspail 75006 Paris
Salle AS1_23
annuel / mensuel, mercredi 09:00-11:00
du 28 octobre 2026 au 26 mai 2027

Dates: 28/10, 25/11, 9/12, 27/01, 24/02, 24/03, 28/03, 26/05
Nombre de séances : 8

Pour en savoir plus: https://enseignements.ehess.fr/2026-2027/ue/188

Enquête de luxe : relations de service et rapports de classe internationalisés

Amélie Beaumont (amelie.beaumont@cnrs.fr), Etienne Penissat (etienne.penissat@cnrs.fr),  Marton Angyan (marton.angyan@ehess.fr), Anouck Manez (anouck.manez@ehess.fr), Lorélia De Bresson (Lorelia.De-Bresson@ehess.fr) et Martina Vignoli (Martina.Vignoli@uphf.fr)

Si le processus de formation des classes sociales s’est organisé dans le cadre de la construction des États-nations, en particulier des Welfare States, il a toujours été travaillé par les migrations et par les relations à distances (concurrence, solidarité, etc.) entre classes sociales nationales. La construction d’espaces politiques et économiques globalisés, à l’image de l’Union Européenne, et l’accroissement des migrations pose de façon plus intense la question de la projection des rapports de classe dans des espaces sociaux internationaux voire transnationaux. Qu’est-ce que la configuration de ce type d’espace fait aux rapports de classe ? Dans quelle mesure les circulations de travailleur·ses, de retraité·es, d’étudiant·es et de touristes intra et extra-européen·ne·s transforment voire recomposent les rapports de classe ? Assiste-t-on à la formation de classes sociales transnationales ? Ce point de départ nous invite à questionner ce que les rencontres et les confrontations qui se nouent entre habitant·es de l’Europe par les migrations (professionnelles, touristiques, scolaires, etc.), font aux rapports de classe. Nous prêtons une attention particulière à l’articulation de ces derniers avec des rapports de genre, de nationalité et de race.

En 2024-2025 et 2025-2026, nous avons déployé ces questionnements dans le cadre d’une enquête collective auprès des employé·es de la restauration, l’hôtellerie, de la vente et de l’évènementiel dans le secteur du luxe. Ces employé·es travaillent auprès d’une clientèle aisée et majoritairement étrangère. L’enquête s’est déroulée dans les quartiers « bourgeois » (le « triangle d’or ») et « touristiques » (quartier « latin » par exemple) de Paris ainsi qu’à Nice et consiste à mener des observations  et des entretiens biographiques avec ces employé·es. Outre l’analyse des positions de classe et des conditions de travail, l’enquête permet de travailler les relations qui se nouent entre employé·es et client·es sous l’angle des relations de service et des rapports de classe, les formes de capitaux internationaux qu’acquièrent et développent ces employé·es ainsi que les formes de classements et reclassements sociaux que ces rapports de classe internationalisés impliquent pour eux et elles.

Ces terrains d’investigation seront renouvelés en 2026-2027, principalement dans le secteur de la restauration et de la vente de luxe.

L’enquête se déroulera entre novembre 2026 et janvier 2027.

Modalités d’évaluation : trois rendus notés – les travaux sont réalisés en binôme.

-Un compte-rendu d’observation

-Un entretien retranscrit et analysé

-Un rapport de recherche (20-30 pages) accompagné d’une présentation orale.

L’atelier se déroule d’octobre à mars, les vendredis de 14 à 16h (ou 17h selon les séances) sur le Campus Jourdan (48 bd Jourdan, 75014, Paris) sauf la 1ère séance qui aura lieu le 9 octobre de 9H30 à 11h30.

Dates des séances : 9/10 ; 6/11 ; 13/11 ; 4/12 ; 8/01 ; 22/01 ; 05/02 ; 26/02 ; 12/03 ; 26/03 ; 26/04 (séance bilan).

Capacité totale: 14-15 étudiant·es.
Nombre de séances : 11

Contact par courriel : etienne.penissat@cnrs.fr et amelie.beaumont@cnrs.fr

Pour plus d’informations sur le programme: https://enseignements.ehess.fr/2026-2027/ue/566

Traditions de Noël et régimes politiques

Alexandra Arkhipova (Visiting scholar)
alexandra.arkhipova@gmail.com

Date de début : mercredi 7 octobre 2026
Durée : 9 séances
Jour et horaire : Les mercredis, de 9h30 à 12h30
Salle : R2-03
Langues de l’atelier : anglais et français

Dates exactes: mercredis 7 octobre, 4 novembre, 18 novembre, 2 décembre, 9 décembre, 16 décembre 2026, 6 janvier, 27 janvier et 3 février 2027.

Évaluation : L’atelier repose sur une enquête de terrain menée par chaque participant·e. Pendant les vacances de Noël, chacun·e réalisera une micro-ethnographie des fêtes de fin d’année — au sein de sa famille, parmi ses ami·es ou dans l’espace public de sa ville — en combinant observation, journal de terrain et entretiens. En janvier, les participant·es présenteront les résultats de leur enquête sous la forme d’un exposé.

Résumé

Noël et le Nouvel An demeurent parmi les fêtes les plus importantes, aussi bien dans les familles religieuses que séculières. Mais loin d’être de simples célébrations domestiques, ces fêtes constituent une puissante institution sociale — et, à ce titre, un enjeu politique. Cet atelier propose d’analyser, dans une perspective sociologique et anthropologique, comment les régimes politiques du XXe et du XXIe siècle se sont approprié Noël et le Nouvel An à des fins idéologiques et mobilisatrices : l’invention de prétendues « traditions populaires » de Noël dans l’Italie de Mussolini ; l’interdiction de Noël par Staline en 1935 et la création de la fête soviétique du Nouvel An ; la « nazification » de Noël dans l’Allemagne hitlérienne, où le régime tenta de substituer aux symboles chrétiens une fête néopaïenne du solstice ; la mise au service du national-catholicisme des célébrations de Noël dans l’Espagne franquiste ; enfin, la reprise du Nouvel An soviétique par le régime de Poutine comme rituel de loyauté politique.

Nous porterons une attention particulière au destin de Noël au-delà du monde chrétien, où la fête devient également un enjeu politique et identitaire. Au Japon contemporain, le Noël catholique s’est transformé en fête romantique et commerciale, vidée de tout contenu religieux. En Chine, la popularité croissante de Noël auprès de la jeunesse urbaine se heurte aux restrictions des autorités, qui y voient un symbole d’« influence occidentale ». Dans la Turquie républicaine, la sécularisation a produit un transfert singulier : le sapin, les cadeaux et Noel Baba (le Père Noël) ont été déplacés vers la célébration du Nouvel An — un déplacement aujourd’hui contesté par les mouvements islamistes qui font campagne contre ces festivités. Ces cas permettront d’interroger la circulation globale des fêtes et leur réappropriation locale.

L’atelier se déroulera en cinq parties :

  1. Genèse et invention des traditions : nous retracerons la formation progressive des traditions de Noël en Europe occidentale du XVe au XIXe siècle, leur diffusion aux États-Unis, et la « réinvention » de Noël aux XIXe–XXe siècles lors du processus de sécularisation — un cas exemplaire d’« invention de la tradition » au sens d’Eric Hobsbawm —, ainsi que la diffusion mondiale de ces traditions et leur réappropriation en dehors du monde chrétien (Japon, Chine, Turquie).
  2. Noël comme instrument des régimes politiques : au cœur de l’atelier, nous analyserons comment les régimes — de Mussolini, Staline, Hitler et Franco jusqu’à la Russie de Poutine — ont intégré ces fêtes dans leur discours et les ont utilisées comme instruments d’idéologisation et de mobilisation : fabrication de rituels collectifs, mise en scène de la loyauté, encadrement de la sphère domestique par le politique.
  3. Économie et consumérisation de Noël : nous étudierons le consumérisme lié à Noël et les stratégies par lesquelles les personnes disposant de moyens limités parviennent malgré tout à participer à l’échange rituel des cadeaux.
  4. Préparation du travail de terrain : en groupe, nous élaborerons un guide pour les observations et entretiens à mener durant les vacances de Noël. Chaque participant·e choisira l’aspect du sujet qui l’intéresse particulièrement et construira sa propre question de recherche.
  5. Restitution des enquêtes : lors des séances de janvier et février, les participant·es présenteront leurs résultats sous forme de journaux de terrain et d’exposés.

Atelier d’Anthropologie linguistique et le langage des guerres

Alexandra Arkhipova (alexandra.arkhipova@gmail.com)

Date de début : 3 mars

Durée : 8 séances

Jour et horaire : Les mardis, de 9h30 à 12h30

Salle: R2-03

Dates exactes : 3 mars, 10 mars, 7 avril, 14 avril, 21 avril, 28 avril, 5 mai, 12 mai.

Langues de l’atelier : anglais et français

Évaluation : Chaque participant·e devra présenter un exposé illustrant

des exemples de manipulations linguistiques et défendre son analyse.

Les supports peuvent inclure la presse, la littérature ou des

observations de terrain personnelles.

Résumé

Les systèmes totalitaires classiques, basés sur la répression physique

de masse — arrestations, exécutions ou exil dans des camps —

appartiennent en grande partie au passé. Les régimes autoritaires

modernes contrôlent souvent les populations sans recourir directement

à la violence physique, mais grâce à des systèmes sophistiqués de

manipulation. Ces dirigeants, appelés Spin Dictators par Sergei Guriev

et Daniel Treisman, gouvernent principalement par la tromperie

informationnelle plutôt que par la force brute.

L’un des principaux objectifs des Spin Dictators est de désengager les

citoyens de toute participation active à la gouvernance, tout en

favorisant une vision manichéenne du monde, centrée sur des ennemis

extérieurs. Les manipulations linguistiques jouent un rôle clé dans

l’atteinte de ces objectifs, notamment en temps de guerre, en

façonnant la manière dont les citoyens perçoivent le monde.

Dans le monde contemporain, les événements survenant lors des guerres

et des conflits militaires — en Ukraine, en Russie, en Israël, en

Palestine, en Iran, en Syrie, en Afghanistan ou à Cuba — ne peuvent

être vécus directement par nous. Notre compréhension de ces événements

passe par le prisme des médias sociaux et des flux d’actualités.

L’anthropologie linguistique constitue un outil essentiel pour

dévoiler les mécanismes de ces manipulations. Elle examine comment les

individus choisissent les mots pour construire leur réalité sociale et

comment les médias diffusent et imposent ces mots à leur public.

Lors de cet atelier :

nous explorerons les méthodes clés de l’anthropologie linguistique —

expériences et recherches de terrain — appliquées au thème Langages en

temps de guerre ; nous discuterons des travaux récents sur ce sujet et

encouragerons les participant·es à analyser des publications issues

des médias anglophones, francophones et, si possible, hispanophones ;

chaque participant·e présentera son analyse des techniques de

manipulation dans les sources choisies ; enfin, nous concevrons et

mènerons ensemble une expérience afin d’étudier ces mécanismes en

action.

Les justiciables face aux prudhommes

Atelier de recherche animé par Alexis Spire (CNRS) et Paco Rapin

Atelier ouvert aux étudiant.es de M1 et de M2. S1 – 24h, 9 ECTS

Contact : Alexis Spire (alexis.spire@gmail.com)

Souvent perçue comme lente, couteuse et déconnectée, l’institution judicaire fait l’objet d’un nombre croissant de critiques au sein du champ politique et plus généralement dans l’ensemble de la population. Selon l’Enquête sur la Justice en France (2024), moins de la moitié des personnes répondantes (48,9%) déclarent avoir confiance dans la justice, ce qui est le score le plus bas en comparaison des autres institutionsétatiques.

Les Conseils de prud’hommes, en pleine mutation depuis l’ordonnance de 2017 sur le barème des indemnités, font partie des juridictions les plus critiquées en raison de leur lenteur et de la complexité des procédures. À partir d’un projet de recherche intitulé : « Les dimensions sociales du rapport à la justice. Représentations, usages et non recours », ce nouvel atelier propose de se pencher sur l’expérience des justiciablesaux prud’hommes pour éclairer cette crise de confiance.

Au contact de l’institution judicaire, les individus intériorisent des pratiques, des dispositions et des représentations qui constituent ce qui s’apparente à une socialisation judiciaire. L’un des objectifs de ce projet est d’étudier le lien entre cette socialisation judicaire et les représentations de la justice. Parallèlement, l’enjeu est également de se demander quels sont les déterminants du non recours à la justice, en accordant une importance particulière au rôle du rapport au droit et à la conscience du droit. Des séances d’observation aux prudhommes et la réalisation d’entretiens approfondis permettront d’explorer la trajectoire biographique des justiciables et leur rapport à l’institution judiciaire, en faisant ressortir le rôle des proches, des expériences passées et du contexte territorial.

L’atelier aura lieu le mercredi de 9h à 11h aux dates suivantes :

14 octobre 2026, 4 novembre 2026, 18 novembre 2026, 2 décembre 2026, 6 janvier 2027, 20 janvier 2027, 3 février 2027.

Atelier Enquête par questionnaire (partie 2)

Cécile Brousse (cecile.brousse[at]insee.fr) et Nathan Leveque (nathan.leveque[at]ined.fr)

En 2025-6, l’atelier consiste à préparer et exploiter la base de données issue de l’enquête sur l’expérience de la scolarité au lycée, réalisée en 2025 auprès  d’élèves de seconde GT.

L’atelier se déroulera au premier semestre le mardi de 16h15 à 18h15. Il est destiné à des étudiantes qui ont une connaissance minimale de R.

Objectifs de l’atelier:

Mettre en place une enquête par questionnaire est de plus en plus facile grâce aux dispositifs d’enquête en ligne, mais que faire des données une fois qu’elles ont été collectées ? Les principes de la science ouverte nous encouragent à rendre nos données accessibles aux autres (dans le respect de la protection des données personnelles), mais des données peu ou mal documentées sont en réalité inexploitables par les autres (ou par nous dans dix ans).

Cet atelier sera consacré aux étapes qui permettent de transformer un tableau de données en une enquête statistique documentée et exploitable, et d’en tirer de premiers résultats sociologiques. Ces étapes permettent aussi de réfléchir à la qualité des données ainsi collectées : quelles questions s’avèrent décevantes ou intéressantes ? a-t-on oublié des informations importantes ?

Au cours du séminaire, les étudiants travailleront sur l’enquête statistique collectée l’année précédente dans le cadre de l’atelier Enquête quantitative (Partie 1), avec le logiciel R, pour livrer un rapport d’enquête complet (traitement de la base de données, première exploitation).

Principales compétences développées :

  • Apurer une base de données
  • Traiter la non-réponse et réaliser un calage sur marges
  • Documenter des données
  • Effectuer toutes ces opérations en pensant aux personnes qui pourraient exploiter ces données dans le futur (y compris nous-mêmes)
  • Rédiger collectivement un 4 pages descriptif
  • Discuter la qualité des données

Thématique de l’enquête : l’expérience de la scolarité en Seconde Générale et technologique

Calendrier indicatif:

30/09/2025Présentation de l’atelier et focus sur les méthodes de traitement d’une base de données 
07/10/2025Répartition des tâches ; préparation de la base de données : sélection des questionnaires exploitables
14/10/2025Préparation de la base de données : sélection des variables de calage
21/10/2025Présentation orale de la note d’intention (pour le 4 pages) ; traitement de la non-réponse
04/11/2025Préparation de la base de données ; traitement de la non-réponse et début calage sur marges
25/11/2025Préparation de la base de données ; calage sur marges
02/12/2025Présentation orale de la préparation de la base ; début exploitation de la base de données
09/12/2025Exploitation de la base de données : statistiques exploratoires
16/12/2025Exploitation de la base de données : préparation du 4 pages
06/01/2026Présentation orale du 4 pages collectif (V0) et discussion
20/01/2026Exploitation de la base de données : finalisation des tableaux descriptifs et des commentaires
10/02/2026Finalisation du 4 pages (V1)

Date de remise des travaux 

Lundi 20 octobre 2025 avant 14 heures : note d’intention sur contribution au 4 pages (1/2 page)

Vendredi 21 novembre 2025 avant 14 heures : note sur la préparation de la base de données + script R

Lundi 5 janvier 2026 avant 14 heures : version V0 du 4 pages

Vendredi 20 février 2026 avant 14 heures : version finale du 4 pages (V1)

Evaluation

Note d’intention ……………………………………………………………………..     Coef. 1
Note sur la préparation de la base de données + script R…………     Coef. 3
Contribution au 4 pages………………………………………………………….     Coef. 4

Bibliographie

Calvo M., Leroy C., Richet-Mastain L. (2021), Méthodologie de l’enquête auprès des bénéficiaires de minima sociaux (BMS) 2018, Les dossiers de la DREES , N° 84.

Caron N. (2005) : La correction de la non-réponse par repondération et par imputation, Document de travail de la Direction des Statistiques, Démographiques et Sociales de l’Insee, n° M0502.

Chaput H., Chauvet G., Haziza D., Salembier L., Solard J. (2012), Procédure d’imputation jointe pour les variables catégorielles – une application à l’enquête Patrimoine 2010, Actes des Journées de Méthodologie Statistique.

Deville J.-C. et Särndal. C.-E. “Calibration estimators in survey sampling”. In : Journal of the American statistical Association 87.418 (1992), p. 376-382. 

Favre-Martinoz C., Deroyon, Traitement des valeurs influentes dans les enquêtes, note Insee (2023).

Favre-Martinoz C., Deroyon, La correction de la non-réponse par imputation, note Insee (2023).

Rebeck A. « Icarus : un package R pour le calage sur marges et ses variantes » Document de travail INSEE. http://paperssondages16.sfds.asso.fr/submission_54.pdf   

Sautory O. « Les méthodes de calage », Document de travail INSEE. (2018) https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/2838097/5-les-methodes-de-calage.pdf

Statistique Canada (2003), Méthodes et pratiques d’enquête, chapitre 10.